Part 6: Conference Sessions

October 15: 12:00-13:00 Session: …Legacy of The Religious Wars

12:00-13:00 Le long XVIIe siècle et l’héritage des guerres de religion / The long 17th century and the legacy of the religious wars

Présidence/Chair : Edward J. Gray (HumaNum CNRS/DARIAH-ERIC)

Peadar KAVANAGH (U. of Chicago). « Fontenelle’s ‘Relation curieuse de l’île de Bornéo’: Satirical Mediation of the Religious Wars at the Revocation of the Edict of Nantes. »

Just after the Revocation of the Edict of Nantes, among his Nouvelles Pierre Bayle published a Relation de voyage by Fontenelle, in reality a travesty of the History of the Church displaced in the East Indies. This “Relation curieuse de l’île de Bornéo” recounts contested royal succession in a country where only women rule, the inversion of Salic Law and an allegory of interconfessional conflict in France. Mliséo is Solime, former name of Jerusalem, representing early Christianity; Mréo is Rome, the Church of Rome; Eégenu is Geneva, the Reformed Church; these two, he reports, are now at civil war. Fontenelle’s allegorical Relation de voyage is one of the many rewritings of the Reform that mediated the Revocation of the Edict of Nantes, whose diverse genres have recently been reconsidered. To partisan histories justifying the persecution and expulsion of French Protestants, Bayle opposed critique, book review, pamphlet, and writings on historiography itself. How did Fontenelle assist Bayle’s polemical intervention in the satirical mode? During his collaboration for propagandistic Relations in the Mercure galant, why write a relation? In the early modern current of letters reporting from colonies, why write a relation de voyage? While authorized Histories painted Calvinists as heretics and the Mercure counterfeited their peaceful conversion, Fontenelle introduced a relativistic mediation of the Wars of Religion that defied propaganda. By this less studied example, I interrogate the function of satirical discourse in the concurrence of historical writings in France at the end of the seventeenth century.

Peadar Kavanagh is a doctoral student at the University of Chicago, where he is preparing a dissertation on the satirical representation of events under Louis XIV. He continues his research this year in Paris through an exchange program with the École Normale Supérieure.

Therese BANKS (Harvard U). « The Guiding Light of Saint Louis: Religious Violence Reimagined. »

Almost four centuries after the Seventh Crusade, in 1617 the Parisian printer Sébastien Cramoisy (1584-1669) publishes Claude Ménard’s edition of Jean de Joinville’s fourteenth century Histoire de Saint Louis. The Histoire de Saint Louis recounts the life of King Louis IX of France (1214-1270) through Joinville’s own experience accompanying him on the Seventh Crusade, and it focuses on the King’s involvement in, and devotion to, the Crusades. This paper examines Claude Ménard’s edition of the Histoire to explore the relationship between king, crusade, and notions of “France” as it is renegotiated in the seventeenth century through Joinville’s medieval text. Indeed, Ménard’s edition opens with facing portraits of Louis IX and Louis XIII (1601-1643). Its preface instructs the eighteen-year-old king to take Saint Louis as his guiding light and to use the Histoire as an example of good kingship. Thus, in the very year that Louis XIII is attempting to negotiate his own political power, sending Marie de Medici into exile along with Concino Concini’s assassination, Joinville’s text and Saint Louis himself appear as ways to model France’s future glory on an exemplary, but violent, Christian past. I examine the opening portraits of Louis IX and Louis XIII along with rhetoric from Ménard’s dedicatory preface and excerpts from the Histoire to question how the crusades and religious violence get rewoven into a model for French kingship in the seventeenth century.

Therese Banks is a Ph.D. Candidate in the Department of Romance Languages & Literatures at Harvard University. She specializes in sixteenth- and seventeenth-century French literature, and is pursuing a secondary field in Medieval Studies. Her work focuses on the poetics of crusade and the writing of history, from the Albigensian Crusade to the French Wars of Religion.

Alex BELLEMARE (U. du Québec à Trois Rivières). « Réinventer l’Etat : l’utopie pacifique chez Crucé et Fénelon. »

Le genre utopique, au XVIIe siècle, s’inscrit à la croisée de plusieurs traditions discursives et de diverses disciplines, en mêlant réflexion politique, éducation morale et critique des mœurs. Dans l’utopie, deux visions du monde souvent antagoniques s’affrontent et se répondent, dans une confrontation dialectique opposant l’ici et l’ailleurs, l’identité et l’altérité. Parmi les propriétés de l’utopie se trouve la nécessaire clôture de la société idéalement conçue, puisque la perfection, pour subsister sans périls, ne peut souffrir les menaces extérieures susceptibles de
corrompre l’ordre utopique. Depuis la civilisation décrite par Thomas More dans son œuvre matricielle, les sociétés utopiques sont dépeintes comme belliqueuses, combatives, voire violentes : cette passion guerrière est cependant toujours justifiée par des principes moraux supérieurs, c’est-à-dire la préservation à tout prix de l’État utopique. Or, toutes les utopies ne pratiquent pas la guerre ni ne cautionnent les conquêtes impérialistes. Parmi un corpus large de textes utopiques, nous retenons ici deux œuvres qui, par leur critique du despotisme guerrier et par leur célébration d’une paix universelle, marquent une rupture significative dans la pensée utopique du XVIIe siècle : Le nouveau Cynée (1623) d’Émeric Crucé et Les aventures de Télémaque (1699) de Fénelon. Ces deux textes sont utopiques de manière distincte : Le nouveau Cynée propose, sous la forme d’un traité à l’intention des souverains d’Europe, une réflexion sur les conditions de la paix universelle, en imaginant une organisation internationale pacifique surveillant les échanges entre États ; tandis que Les aventures de Télémaque, un roman d’aventures condamnant les potentielles dérives de l’absolutisme français, présentent diverses configurations sociopolitiques relevant de l’imaginaire utopique. C’est à travers une commune aversion de la guerre et une volonté similaire de pacification internationale que se rencontrent Crucé et Fénelon. En effet, simplicité et tolérance sont les maîtres mots dans les représentations politiques de ces deux auteurs, qui élaborent des dispositifs utopiques remettant en cause l’institution même de la monarchie, dont la logique expansionniste est insoluble avec l’idéal pacifique. Ce sont précisément les rapports conflictuels entre guerre juste et paix perpétuelle d’une part, et les liens troubles entre identité nationale et altérité internationale d’autre part, que nous souhaitons explorer dans notre communication. L’utopie pacifique, telle qu’elle s’élabore et s’imagine chez Crucé et Fénelon, programme et détermine aussi des comportements et des sensibilités, dont les vertus réformatrices sont à même de changer durablement l’État et ses structures.

Alex Bellemare est professeur et chercheur postdoctoral au Département de lettres et communication sociale de l’Université du Québec à Trois-Rivières. En 2017, il a soutenu, sous la direction conjointe de M. Ugo Dionne et de M. Jean-Paul Sermain, une thèse en cotutelle (Université de Montréal et Sorbonne Nouvelle – Paris 3) sur l’imaginaire géographique dans la fiction utopique de l’âge classique. Ses études, parues internationalement, portent entre autres sur l’histoire des représentations et la poétique du roman sous l’Ancien Régime. Il s’intéresse notamment aux questions de poétique matérielle, aux figurations du libertinage ainsi qu’à l’imaginaire carcéral chez les auteurs des XVIIe et XVIIIe siècles.

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